Participant pour la première fois à une semaine Européenne de Cyclotourisme, j’avais imaginé me retrouver au milieu de cyclistes de tous pays, avec
voisin de camping des danois, des allemands, des belges, des hollandais, des tchèques, etc… Et bien sûr des polonais puisque cette semaine se déroulait à Prudnik, petite ville située tout près de
la frontière tchèque au sud ouste de de pays.
Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque je pénétrais dans le stade - ou, devrais-je dire, sur le terrain de foot annexe au stade - lorsque je me trouvai noyé au milieu d’une armada de campings
cars et autres caravanes venant… de France !
Lionel et Marcel, deux voisins de grande
valeur
Je devais donc me faire une raison, cette semaine ne serait pas celle du dépaysement, bien au contraire. J’abordais même avec appréhension ces 9 jours passés au milieu de mes compatriotes.
Il y eut certes des Allemands, des Polonais, des Ukrainiens, des Russes, des Belges, des Hollandais, des Tchèques, mais le contingent français représentait tout de même la moitié de l’effectif de
participants. Malheureusement, la grande majorité des cyclotouristes ont tendance à rester avec les gens de leur pays, voire de leur club, pour vivre cet événement sans s’y plonger complètement.
La barrière de la langue ne facilitant pas le contact, je fus souvent découragé pour m’incruster dans un groupe d’étrangers et espérais donc souvent la manœuvre inverse.
Souhaitant logiquement profiter des repas du soir et des petits déjeuners proposés par les organisateurs, je n’imaginais pas non plus que cela me pénaliserait sur les parcours.
Ne pouvant pas me restaurer avant 7h00 le matin, je partais souvent après la plupart des cyclos qui déjeunaient à la fraîche dans leur camping-car. Mon allure étant bien en deça de celle des
autres randonneurs, je connus donc de longs moments de solitude au milieu des champs polonais, souvent incapable de prendre la roue de qui qui ce soit.
Miami Beatch, version polonaise...
Parlons des parcours maintenant… Comment dire… Je suis embarrassé car j’avoue que la région fut loin d’être la plus jolie que j’ai pu visiter depuis mon départ. Les paysages furent assez
quelconques dans l’ensemble hormis les forêts et les collines à cheval avec la tchéquie et quelques rares exceptions ailleurs, je ne trouvais là encore pas l’occasion de me sentir dépaysé.
Certaines journées, je rentrais avec l’impression d’avoir pédalé pour pédaler, sans avoir eu autre chose à photographier que les jolies églises des villages environnants.
L’état des routes déplorable dans cette partie du pays fut aussi un paramètre fut source d’exaspération parfois, de quelques rares accidents aussi, malheureusement.
Pour ma part, je ne connus aucun ennui si ce n’est mon compteur qui s’envola littéralement après un énième soubresaut. J’en fut quitte pour 20 minutes de recherches dans un fossé au milieu des
longues herbes, des orties et des ronces…
Voilà donc pour les déceptions… Sachant qu’en aucun cas, les organisateurs, toujours présents et se démenant pour satisfaire des participants trop souvent grognons (voir râleurs, n’est-ce pas les
français !) ne sont en aucun cas responsables de tout cela !
La ville de Prudnik, capitale européenne du cyclotourisme, l'espace d'une semaine
Je vous rassure quand même, le tableau ne fut pas si noir que ça.
Sous un soleil de plomb n’ayant jamais fait défaut, j’ai pu tout de même passer de très bons moments. Grâce aux personnes sympathiques dont j’ai fait la connaissance et ceux que je connaissais
déjà.
Avec Lionel et Marcel, deux compères du Nord et de la Belgique, j’avais là deux sacrés remèdes contre la déprime.
Venus avec leur vélos de Paris Pékin (bien le bonjour à Françoise de leur part !), ces deux là furent la cause de la plupart des parties de rigolade que j’ai pu vivre.
Retrouver quelques cyclos chambériens fut aussi appréciable tout autant que cela me fut utile.
Et puis il y eut ces retrouvailles incroyables avec Antoine, cyclo du Gard qui fut mon voisin de camping lors de Pâques en Provence en Avril à Sault et que je retrouvai ici à quelques mètres de
ma tente. Une coïncidence tout bonnement incroyable.
Quelques autres connaissances, notamment des Cent cols, furent de la partie. Et je pus engager quelques conversations avec des étrangers comme Henrick, un polonais souriant qui fit de gros
efforts pour communiquer avec moi.
J’ai aussi aimé :
La ville de Nysa
Me baigner dans le lac de Lez. Clepinowskie
Les bières locales même si provoquant de trop nombreux aller-retour aux toilettes la nuit (!)
Les jolies polonaises arpentant les rues des villes et villages traversés.
La messe en plein air devant une reproduction de la grotte de Lourdes, même si j’ai piqué un roupillon dans l’herbe.
Manger des glaces.
Me faire masser les jambes et le dos pour 40 zlotis.
Le musée de Lambinowice.
Etc…
Si bien qu’un quittant Prudnik, j’avais tout de même un petit pincement au cœur !
Zdzieszowice : enclave du Vatican ?
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